Arthrite, arthrose ou ostéochondrose : reconnaître l'origine de la douleur

Une douleur au genou, à la hanche ou à l'épaule n'a pas toujours la même origine. Elle peut venir d'une inflammation de l'articulation, d'une usure du cartilage ou, parfois, de la colonne vertébrale, qui envoie la douleur à distance. Les trois situations portent des noms proches, arthrite, arthrose et ostéochondrose, mais se soignent différemment. Savoir les distinguer aide à consulter le bon spécialiste et à demander les bons examens dès le départ.

Un même mot, douleur, pour trois mécanismes

L'arthrite désigne une inflammation de l'articulation. Elle peut être liée à une maladie auto-immune, comme la polyarthrite rhumatoïde ou le rhumatisme psoriasique, à des cristaux, comme dans la goutte, ou à une infection. L'articulation gonfle, chauffe et fait mal même au repos.

L'arthrose, appelée aussi ostéoarthrite dans certains pays, est une usure progressive du cartilage. Elle touche surtout le genou, la hanche, les doigts et la colonne. Elle est liée à l'âge, aux surcharges, aux anciennes blessures et à l'hérédité. Des poussées inflammatoires sont possibles, mais le mécanisme de fond est mécanique.

L'ostéochondrose est un terme courant en Europe de l'Est. En France ou en Belgique, on parlera plutôt de discopathie dégénérative, de protrusion ou de hernie discale. Il s'agit de l'usure des disques entre les vertèbres. La douleur siège dans le dos ou le cou, mais peut descendre dans la fesse, la jambe ou le bras et faire croire à un problème de hanche ou d'épaule.

Ces trois causes peuvent coexister chez une même personne, ce qui complique parfois le diagnostic. D'où l'intérêt de bien observer ses symptômes avant la consultation.

Le rythme de la douleur, premier indice

Les médecins s'intéressent beaucoup au moment où la douleur apparaît. C'est souvent l'indice le plus simple pour orienter le diagnostic.

Douleur de type inflammatoire, évocatrice d'arthrite :
• elle réveille la nuit, surtout en deuxième partie de nuit ;
• le dérouillage matinal dure plus de trente minutes ;
• elle diminue en bougeant ;
• l'articulation est gonflée, chaude, parfois rouge ;
• plusieurs articulations peuvent être touchées en même temps.

Douleur de type mécanique, évocatrice d'arthrose :
• elle augmente avec l'effort et la marche ;
• elle se calme au repos ;
• le dérouillage matinal est bref, quelques minutes ;
• elle concerne souvent une seule articulation porteuse.

Douleur d'origine vertébrale :
• elle part du dos ou de la nuque ;
• elle varie selon la position, assise prolongée ou penchée en avant ;
• elle peut s'accompagner de fourmillements ou d'engourdissements dans un membre.

Notez pendant une ou deux semaines quand et comment la douleur survient. Ce carnet simple aide beaucoup le médecin. Une articulation très chaude avec de la fièvre, ou une faiblesse soudaine d'une jambe, justifient en revanche une consultation en urgence.

Quel médecin consulter en premier

Dans la plupart des cas, le premier interlocuteur est le médecin généraliste. Il examine l'articulation, écoute l'histoire de la douleur, prescrit les premiers examens et oriente vers le bon spécialiste.

Le rhumatologue est le spécialiste des maladies articulaires inflammatoires comme l'arthrite, mais aussi de l'arthrose et de nombreuses douleurs de la colonne. C'est lui qui pose le diagnostic d'une polyarthrite ou d'une spondyloarthrite et qui met en place un traitement de fond si nécessaire. Plus ce traitement commence tôt, mieux il protège les articulations.

Le chirurgien orthopédiste intervient surtout lorsque l'arthrose est avancée et qu'une prothèse est envisagée, ou en cas de lésion mécanique précise, par exemple un ménisque qui bloque le genou. Le médecin de médecine physique et de réadaptation et le kinésithérapeute accompagnent la rééducation, quelle que soit la cause.

Pour une douleur du dos qui descend dans la jambe avec des signes neurologiques, l'avis peut aussi venir d'un neurochirurgien ou d'un spécialiste du rachis. Dans tous les cas, apportez vos anciens examens : ils évitent de refaire des bilans et permettent de comparer l'évolution.

Les examens qui font la différence

Le bilan dépend de la piste principale. En cas de suspicion d'arthrite, la prise de sang est essentielle : vitesse de sédimentation et protéine C réactive pour mesurer l'inflammation, facteur rhumatoïde et anticorps anti-CCP pour la polyarthrite rhumatoïde, acide urique pour la goutte. L'échographie montre un épanchement ou une inflammation de la membrane articulaire, et une ponction du liquide articulaire peut être proposée pour l'analyser.

En cas d'arthrose, la radiographie de face et de profil, en charge pour le genou et la hanche, suffit souvent au diagnostic. L'IRM se discute si la douleur ne correspond pas aux images ou si l'on cherche une lésion du ménisque ou des ligaments. Les prises de sang sont généralement normales.

Pour une douleur d'origine vertébrale, l'IRM du rachis est l'examen de référence lorsque la douleur persiste ou s'accompagne de signes neurologiques. Une radiographie peut montrer l'usure des disques, mais sans voir les nerfs.

Un piège fréquent : attribuer toute douleur à ce qu'on voit sur une image. Une hernie discale ou une usure du ménisque peuvent exister sans provoquer de symptômes. C'est la cohérence entre l'examen clinique, les analyses et les images qui permet de conclure.

Arthrite et injections régénératives : où se situent-elles

Les injections de plasma riche en plaquettes, le PRP, et de fraction vasculaire stromale, la SVF, sont surtout connues dans l'arthrose. Elles peuvent aussi être envisagées dans certaines formes d'arthrite, pour l'articulation qui reste douloureuse une fois la maladie contrôlée. Leur rôle est local : calmer l'inflammation dans l'articulation et améliorer les conditions de réparation des tissus.

Le City Medical Centre, clinique de Moscou qui reçoit des patients internationaux, présente dans sa page sur le traitement de l'arthrite pour les patients de Bruxelles ces injections réalisées sous échographie, en une journée. La clinique souligne que ces techniques ne remplacent pas le suivi par un rhumatologue en cas de maladie systémique et qu'elles ne sont pas réalisées pendant une infection articulaire active ni lors d'une poussée sévère. La colonne vertébrale ne fait pas partie des zones qu'elle traite : pour une ostéochondrose, il faut donc se tourner vers d'autres solutions.

Avant d'envisager ce type de traitement, le médecin vérifie les contre-indications, dont le cancer, la grossesse, les troubles de la coagulation et les maladies graves du cœur, des reins ou du foie. Comme toujours, le diagnostic précis vient en premier et le traitement ensuite.