Radio et IRM d'arthrose : comment lire votre compte rendu

Vous venez de récupérer les résultats d'une radiographie ou d'une IRM du genou ou de la hanche. Le compte rendu tient en quelques lignes, mais chaque mot semble inquiétant : pincement, ostéophytes, géodes, chondropathie de grade 3. En attendant le rendez-vous avec le médecin, il est normal de vouloir comprendre. Ce guide traduit les termes les plus fréquents, explique ce qu'ils disent réellement de l'arthrose et montre comment ils orientent le choix du traitement.

Pourquoi le compte rendu semble écrit dans une autre langue

Le compte rendu d'imagerie est rédigé par le radiologue pour le médecin qui a prescrit l'examen. Il utilise un vocabulaire précis, pensé pour être compris rapidement par un confrère, pas par le patient. C'est pourquoi un texte qui décrit une situation banale peut paraître alarmant.

Il se compose en général de trois parties :
• l'indication, c'est-à-dire la raison de l'examen, par exemple « gonalgie droite » ;
• la description des images, souvent la partie la plus longue et la plus technique ;
• la conclusion, qui résume les éléments importants en une ou deux phrases.

La conclusion est la partie à lire en premier. Si elle parle d'« arthrose fémoro-tibiale interne modérée », l'essentiel est dit : une usure du compartiment interne du genou, à un stade intermédiaire.

Gardez aussi en tête une règle importante : l'image ne résume pas la personne. Deux patients avec le même compte rendu peuvent avoir des douleurs très différentes. Le médecin interprète toujours les images avec l'examen clinique, vos symptômes et votre histoire. Le compte rendu est une pièce du puzzle, pas un verdict.

Les mots de la radiographie

La radiographie reste l'examen de base de l'arthrose. Pour le genou et la hanche, elle est idéalement faite debout, en charge, afin de montrer l'articulation dans les conditions où elle travaille. Le cartilage n'y est pas visible directement : on juge de son état par l'espace qu'il laisse entre les os.

Les termes les plus courants :
• pincement articulaire : l'espace entre les os est réduit, signe que le cartilage s'est aminci. Il peut être « discret », « modéré » ou « global » ;
• ostéophytes : petites excroissances osseuses au bord de l'articulation, que l'on appelle parfois « becs de perroquet » ;
• condensation sous-chondrale : l'os sous le cartilage devient plus dense, car il supporte davantage de charge ;
• géodes : petites cavités dans l'os près de l'articulation ;
• désaxation : la jambe est en varus, arquée, ou en valgus, en X.

De nombreux comptes rendus mentionnent aussi un stade selon la classification de Kellgren et Lawrence, de 1 à 4. Les stades 1 et 2 correspondent à une arthrose débutante, le stade 3 à une arthrose modérée à marquée, le stade 4 à une articulation très abîmée, avec un espace articulaire presque disparu.

Ce que l'IRM ajoute

L'IRM n'est pas nécessaire pour poser un diagnostic d'arthrose, mais elle apporte des informations que la radiographie ne voit pas. Elle est souvent demandée lorsque la douleur est récente, en cas de blocage du genou, ou quand on envisage un traitement dont le choix dépend de l'état précis du cartilage.

Voici ce qu'on y lit fréquemment :
• chondropathie : atteinte du cartilage, graduée le plus souvent de 1 à 4. Le grade 1 correspond à un cartilage ramolli, le grade 4 à une zone où l'os est à nu ;
• œdème osseux : une réaction de l'os sous une zone surchargée, souvent associée à la douleur ;
• épanchement articulaire : présence de liquide en excès dans l'articulation, signe d'inflammation ;
• fissure ou lésion méniscale dégénérative : usure du ménisque, très fréquente avec l'âge ;
• kyste poplité, ou kyste de Baker, derrière le genou.

Un point rassure souvent : beaucoup de ces anomalies, en particulier les lésions dégénératives du ménisque, se retrouvent aussi chez des personnes sans douleur. L'IRM décrit ce qu'elle voit, mais c'est le médecin qui décide ce qui explique réellement vos symptômes.

Du compte rendu au choix du traitement

Le stade de l'arthrose oriente les options. À un stade débutant, la priorité reste le renforcement musculaire, l'activité physique adaptée, le contrôle du poids et, si besoin, un traitement antalgique ponctuel. Les infiltrations peuvent s'ajouter lors des poussées.

Aux stades débutant et modéré, certaines équipes proposent des injections régénératives. Le City Medical Centre, à Moscou, présente dans sa page consacrée au traitement de l'arthrose pour les patients de Lyon l'utilisation du plasma riche en plaquettes, souvent retenu dans l'arthrose légère, et de la fraction vasculaire stromale issue d'un petit prélèvement de graisse, lorsque les modifications sont plus marquées. D'après la clinique, les injections sont guidées par échographie et tout se déroule en une journée, sans hospitalisation.

Lorsque le compte rendu décrit un pincement global, des ostéophytes volumineux et une chondropathie de grade 4 sur une large surface, les traitements conservateurs ont moins à offrir. La même clinique précise qu'à ce stade le médecin dit franchement si une prothèse est l'option la plus réaliste. Dans tous les cas, la décision tient compte de vos symptômes et de votre gêne au quotidien, pas seulement des images.

Préparer ses images pour un avis médical

Si vous souhaitez un avis spécialisé, y compris à distance, la qualité du dossier compte autant que le compte rendu lui-même. Beaucoup de cliniques, en France comme à l'étranger, acceptent aujourd'hui d'analyser les examens avant tout déplacement.

Pour un dossier complet, rassemblez :
• les images elles-mêmes au format d'origine, sur CD ou via le lien du centre d'imagerie, et pas seulement des photos d'écran ;
• les comptes rendus correspondants ;
• les examens plus anciens, utiles pour mesurer l'évolution ;
• une courte description de vos douleurs, de leur ancienneté et des traitements déjà essayés ;
• la liste de vos médicaments et de vos maladies chroniques.

Le City Medical Centre, par exemple, indique qu'il étudie gratuitement les radiographies, IRM et échographies envoyées avant la consultation, et que la première consultation, possible en ligne, est également gratuite. Un coordinateur contacte ensuite le patient pour organiser le rendez-vous.

Enfin, si vos images datent de plus d'un an ou si vos symptômes ont changé, le médecin pourra demander un nouvel examen. Ce n'est pas une formalité : un bilan à jour permet de choisir un traitement adapté à l'état réel de l'articulation.