PRP ou SVF : comprendre les injections régénératives articulaires
Quand le genou, la hanche ou l'épaule font mal depuis des mois, deux sigles reviennent souvent dans les recherches et les consultations : PRP et SVF. Les deux utilisent un matériau prélevé sur le patient lui-même, les deux s'injectent dans l'articulation, et pourtant ils ne répondent pas aux mêmes situations. Cet article explique ce que contient chacun, comment on les prépare, dans quels cas on les propose et ce qu'on peut raisonnablement en attendre.
Deux traitements issus de votre propre corps
Le PRP et la SVF appartiennent à la famille des traitements dits régénératifs. Leur principe commun est d'utiliser des éléments du patient lui-même pour agir sur une articulation abîmée, plutôt que d'apporter une substance extérieure. Il n'y a donc ni produit de synthèse ni tissu d'un donneur.
Ils ne remplacent pas pour autant les bases du traitement d'une articulation douloureuse. Renforcement musculaire, kinésithérapie, contrôle du poids, adaptation des activités et chaussures adaptées restent indispensables. Les injections régénératives viennent en complément, lorsque ces mesures ne suffisent plus et avant d'envisager une chirurgie.
On les propose surtout dans les situations suivantes :
• arthrose du genou, de la hanche, de l'épaule, de la cheville ou de la main à un stade débutant ou modéré ;
• lésions et usure du ménisque ;
• inflammation articulaire chronique ;
• rééducation après une blessure ou une intervention.
Il faut aussi être clair sur leurs limites. Aucune injection ne fait repousser un cartilage entièrement détruit. L'objectif est de calmer l'inflammation, de soulager la douleur et de créer de meilleures conditions pour que les tissus de l'articulation se réparent.
Le PRP : plasma riche en plaquettes
Le PRP se prépare à partir d'une petite prise de sang, comparable à une analyse classique. Le sang est centrifugé pour séparer ses composants, et l'on récupère la partie du plasma la plus concentrée en plaquettes. Ces plaquettes libèrent des facteurs de croissance, des molécules qui participent naturellement à la cicatrisation.
Une fois injecté dans l'articulation, le PRP aide à apaiser l'inflammation et favorise un environnement plus propice à la réparation des tissus. C'est un geste court, réalisé en ambulatoire, et le patient repart le jour même.
Le PRP est souvent proposé :
• dans l'arthrose légère, quand le cartilage est aminci mais encore présent ;
• dans certaines tendinopathies, par exemple à l'épaule ou au coude ;
• sous forme de série de plusieurs injections espacées de quelques semaines.
Ses atouts sont sa simplicité et le fait qu'il ne nécessite aucun prélèvement autre qu'une prise de sang. Sa limite principale est que son effet peut être moins durable lorsque l'articulation est déjà nettement abîmée. Dans ce cas, les médecins envisagent parfois de l'associer à la SVF, plutôt que de répéter les injections de PRP seul.
La SVF : fraction issue du tissu adipeux
La SVF, ou fraction vasculaire stromale, est un mélange de cellules impliquées dans la réparation des tissus. On l'isole à partir d'un petit échantillon de graisse du patient, prélevé le plus souvent sur l'abdomen ou la face interne de la cuisse.
Le prélèvement se fait sous anesthésie locale, par une simple ponction, sans cicatrice importante ni points de suture. La quantité de graisse est modeste, de l'ordre de 30 millilitres. L'échantillon est ensuite traité par centrifugation pour en extraire la fraction cellulaire, qui est mélangée au plasma avant l'injection.
La SVF est généralement choisie :
• lorsque les modifications de l'articulation sont plus marquées ;
• lorsque l'objectif est un effet plus durable ;
• dans l'arthrose, principalement aux stades débutants et modérés.
Le geste est un peu plus long qu'une injection de PRP, puisqu'il comprend le prélèvement de graisse et sa préparation. Il reste toutefois réalisable en une seule journée, sans hospitalisation. Après le prélèvement, une gêne locale ou un petit hématome à l'endroit de la ponction sont possibles, et le médecin donne des consignes simples pour les jours qui suivent.
Comment se choisit l'un ou l'autre
Le choix entre PRP seul, SVF associée au plasma ou autre traitement dépend avant tout de l'état de l'articulation. C'est pourquoi l'imagerie est indispensable : radiographie en charge pour mesurer l'espace articulaire, IRM ou échographie pour évaluer le cartilage, le ménisque et les tendons.
D'autres éléments entrent en compte : l'âge, le niveau d'activité, l'ancienneté de la douleur, les traitements déjà essayés et l'état de santé général. Un patient de 50 ans avec une arthrose débutante du genou et un sportif avec une tendinopathie de l'épaule ne recevront pas la même proposition.
Le City Medical Centre, clinique pluridisciplinaire de Moscou qui accueille des patients étrangers, décrit dans sa présentation du traitement articulaire sans chirurgie pour les patients de Paris une approche où chaque injection est réalisée sous contrôle échographique, afin de déposer le produit exactement dans la zone visée. Selon la clinique, la procédure se déroule en une journée, sans béquilles, avec des contrôles à un, trois et six mois. La douleur diminue en général au cours du premier mois, la mobilité s'améliore sur environ trois mois et l'effet complet se développe sur six mois environ.
Ce qu'il faut vérifier avant de se décider
Avant toute injection régénérative, un bilan médical doit écarter les contre-indications. Les principales sont un cancer, la grossesse et l'allaitement, les troubles de la coagulation, une infection aiguë, en particulier dans ou près de l'articulation, une poussée d'une maladie chronique grave et les maladies sévères du cœur, des reins ou du foie. Une fièvre, un rhume ou une inflammation de la peau au-dessus de l'articulation imposent simplement de reporter le geste.
Quelques questions utiles à poser en consultation :
• à quel stade se trouve mon articulation selon les images ?
• pourquoi me proposez-vous le PRP, la SVF ou leur association ?
• combien d'injections sont prévues et à quel rythme ?
• quels suivis sont organisés après la procédure ?
• à quel moment faudra-t-il envisager une autre option ?
Le City Medical Centre propose une première consultation et une analyse des examens gratuites, y compris en ligne, et un coordinateur organise le rendez-vous. Pour les questions pratiques qui ne figurent pas sur son site, le plus simple est de les poser directement lors de cet échange. Une chose reste valable partout : à un stade avancé, un médecin honnête vous dira si la prothèse est l'option la plus réaliste.
